Patrimoine archéologique

Gisement préhistorique de Regourdou (Montignac-sur-Vézère, Dordogne)

Coupe longitudinale de la sépulture IVa et de la fosse à ours, d’après les rapports de fouilles inédits de 1961 à 1964. Extrait de Eugène Bonifay et al., La sépulture néandertalienne de Regourdou, Documents du CERLAT, mémoire n°4, 2007.

Classé au titre des monuments historiques par arrêté du 5 janvier 1959, le gisement préhistorique de Regourdou constitue l'un des sites les plus emblématiques de Dordogne de par la richesse des restes humains et des ossements de faune qui y ont été mis au jour dans les années 1950 et 1960. Le site de Regourdou renseigne à la fois sur les modes d’habitat des néandertaliens, mais peut-être aussi sur leurs pratiques funéraires.

Découvert en 1954 par le propriétaire des terres de Regourdou-Nord, Roger Constant, à près de 600 mètres à l’est de la célèbre grotte de Lascaux, le gisement préhistorique de Regourdou a très vite révélé sa grande richesse archéologique. En septembre 1957, y ont été découverts des restes néandertaliens très bien conservés au sein d’une fosse surmontée d’une structure de pierre semblant correspondre à une sépulture.

 

A la suite de cette découverte fortuite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1957, une fouille de sauvetage immédiate dirigée par François Bordes, directeur des antiquités préhistoriques d’Aquitaine, et conduite par les chercheurs Eugène Bonifay et Georges Laplace-Jauretche (CNRS) a été menée dans l'objectif d'exhumer ces restes humains, de les consolider puis de les mouler au sein du laboratoire du musée de l’Homme à Paris en vue de permettre leur étude minutieuse. 

 

Des campagnes de fouilles programmées ont suivi de 1961 à 1964, sous la direction d’Eugène Bonifay, afin d'étudier plus en détail ce dépôt exceptionnel. Ces fouilles ont mis au jour une stratigraphie complexe, témoin à la fois d’une occupation sans doute temporaire du site par l’homme, il y a environ 80 000 ans, et d’occupations multiples par une faune variée, la grotte ayant notamment servi de tanière d’ours bruns.  Dans ces couches archéologiques ont été découverts des outils lithiques moustériens, ainsi que de nombreuses structures de pierre et de terre probablement installées par les hommes, dans lesquelles semblaient figurer des restes d’ours volontairement déposés en leur sein, aux côtés du tumulus ayant recouvert les restes humains. Cette interprétation est du moins celle qui fut proposée dans les années 1960-70, puis reprise dans des publications plus récentes par les fouilleurs (Eugène Bonifay, 2002).

 
 

 

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