La sépulture néandertalienne de Regourdou

Squelette de Regourdou 1, Périgueux, musée d’art et d’archéologie du Périgord © Ville de Périgueux

La grande particularité du gisement préhistorique de Regourdou consiste en la présence de restes humains bien conservés, interprétés comme la preuve d'une sépulture qui serait l'une des plus anciennes connues en Europe. Les restes humains de Regourdou 1 sont actuellement exposés au musée d’art et d’archéologie du Périgord, à Périgueux.

A l’époque de la découverte de l’individu néandertalien Regourdou 1, en 1957, seules quelques sépultures néandertaliennes étaient connues dans le monde. Celle de la Chapelle-aux-Saints avait permis, dès 1908, d’envisager la possibilité pour une espèce humaine autre qu’Homo sapiens d’avoir eu des croyances spirituelles ou, à tout le moins, un certain respect pour ses morts. Aujourd’hui, on recense près de 40 probables sépultures néandertaliennes, réparties sur 19 gisements, dont 16 en France. Le site de Regourdou fait partie de ces témoins des comportements funéraires de nos ancêtres.

L'individu découvert à Regourdou était un néandertalien de moins de 25 ans, de sexe indéterminé, présentant des traits morphologiques typiques des néandertaliens de l'Europe de l'Ouest. Ses ossements auraient été déposés dans une fosse peu profonde et recouverts par un lit de sable cendreux, puis par un tumulus d’un mètre de hauteur, constitué de pierres, de sable et de cendres, et surmonté d’un bois de cerf et d’un foyer.

Les restes de cet homme de Néandertal auraient reposé sur un dallage de pierres plates tapissant la fosse, la disposition des ossements suggérant que l’individu reposait peut-être « en position repliée, couché sur son côté gauche, les genoux ramenés contre la poitrine, les bras probablement repliés de la même façon, les mains proches du crâne » (Eugène Bonifay, 2002). Le corps semblait prolongé vers le bas par deux tibias d’ours, selon les observations des archéologues. La cage thoracique aurait été surmontée d’une pierre plate sur laquelle se trouvaient un nucléus, des éclats, un racloir et la moitié d'un humérus d’ours.

Fait surprenant pour un squelette si bien préservé, il manquait le crâne de l’individu. Cette absence, aujourd’hui encore, fait débat. Si certains ont évoqué un vol commis lors de la découverte, d’autres ont évoqué un prélèvement du crâne par les néandertaliens eux-mêmes au cours d’un rite funéraire. Plus récemment, une nouvelle hypothèse a animé la communauté scientifique : le crâne pourrait encore se trouver dans le remplissage du gisement jamais fouillé. Il aurait été déplacé il y a des milliers d’années par les ours ayant occupé la cavité après l’homme. Mais seule une nouvelle campagne de fouille pourrait contribuer à éclaircir les questions posées par l’homme de Regourdou.

 

 

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